Déroulement

Jour 1 — Première soirée à Marrakech

Chacun arrivera à l’aéroport de Marrakech, où un taxi vous attendra pour vous conduire jusqu’au riad, véritable havre de paix niché au cœur de la médina.
Nous nous retrouverons tous autour d’un premier dîner partagé, pour faire connaissance et ouvrir ensemble cette aventure.

Les parfums d’épices, les lumières de la ville rouge, les voix qui s’entremêlent dans les ruelles, les pas, les appels, le mouvement… Marrakech nous accueille dans toute son énergie.
Avant de partir à la rencontre de cet espace de silence au cœur du désert, nous allons d’abord rencontrer le bruit.
Le bruit de la ville, son effervescence, ses couleurs, ses odeurs, ses contrastes et cette vie qui ne semble jamais vraiment s’arrêter.
Car il est parfois nécessaire d’expérimenter les dualités pour pouvoir les unir.

Le bruit et le silence.
Le mouvement et l’immobilité.
Le plein et le vide.
L’agitation du monde et l’espace intérieur.

Que se passe-t-il en nous lorsque nous sommes plongés dans le bruit ? Qu’est-ce qu’il réveille, qu’est-ce qu’il recouvre ? Et lorsque le silence arrive, qu’est-ce qui peut enfin être entendu ?

Pour celles et ceux qui ont parfois été submergés par leur sensibilité, qui ont appris à détourner le regard pour ne plus être envahis par la souffrance du Vivant, cette traversée est une première invitation : ne plus fuir ce qui est là, mais apprendre à rester présent.
Nous n’irons pas chercher le silence immédiatement.
Nous allons d’abord nous laisser traverser par le monde.

Marrakech sera cette première immersion dans le vivant, dans le mouvement, dans l’altérité. Une rencontre avec le dehors avant de commencer, peu à peu, à rencontrer le dedans.
Et peut-être qu’au cœur de cette première soirée, une question commencera déjà à émerger :

Comment rester pleinement ouvert au monde sans se laisser emporter par tout ce qui le traverse ?

C’est le début du chemin.
Un chemin qui nous conduira bientôt vers le désert, là où le bruit s’efface, où les repères se dépouillent, et où le silence peut devenir non pas une absence, mais un espace pour entendre à nouveau ce qui, en nous, n’a jamais cessé de parler.

Jour 2 — Traverser les paysages, changer de rythme

Aujourd’hui, nous prenons la route vers M’hamid El Ghizlane, en taxi privé.

Huit heures de voyage à travers des paysages qui se transforment peu à peu sous nos yeux : vallées verdoyantes, villages berbères accrochés aux montagnes, reliefs arides… puis l’impressionnante traversée du Haut Atlas par le col de Tizi n’Tichka, à 2 260 mètres d’altitude.

La route devient alors une expérience en elle-même.

Nous quittons progressivement l’effervescence de Marrakech pour nous enfoncer vers le Sud. Les paysages changent, les couleurs se dépouillent, l’espace s’ouvre. À mesure que nous avançons, quelque chose semble ralentir.
Des pauses ponctueront cette longue traversée, notamment un déjeuner à Ouarzazate, aux portes du désert. Puis nous poursuivrons notre route jusqu’à M’hamid El Ghizlane. C’est là qu’Abidine, notre guide du désert nous accueillera et nous emmènera en 4×4 rejoindre notre caravane.

Un autre monde commence alors à s’ouvrir.
Nous quittons peu à peu les routes, les repères familiers et le confort du quotidien pour nous rapprocher de l’immensité du désert.

Traverser.

Traverser des paysages, des montagnes, des espaces… mais aussi commencer à traverser quelque chose en soi.
Le voyage extérieur accompagne déjà un voyage intérieur : celui qui consiste à ralentir, à laisser derrière soi ce qui encombre, et à faire de la place.
Car avant de rencontrer le silence du désert, il faut parfois accepter de parcourir le chemin qui nous y conduit.
Et bientôt, les derniers signes de la civilisation s’effaceront.
Il ne restera plus que le sable, les hommes, les animaux, le ciel et l’immensité.

La caravane nous attend.

Pendant sept jours, nous allons nous enfoncer progressivement dans le désert, de M’Hamid El Ghizlane jusqu’à l’Erg Zahar, puis l’Erg Chegaga, accompagnés par les nomades et leurs dromadaires.

Nous vivrons au rythme de la caravane : marche, bivouac, repas partagés, thé, feu et nuits sous les étoiles. Ce sont les dromadaires qui porteront nos affaires et le matériel du campement, nous permettant d’avancer avec l’essentiel seulement.

Chaque jour, nous découvrirons un nouveau lieu et chaque soir, un nouveau bivouac, au cœur d’un paysage différent.

Cette immersion demande un véritable engagement physique. Nous marcherons chaque jour plusieurs heures, généralement autour de 4 heures, dans le sable et les dunes. Le rythme sera adapté au groupe, avec des temps de pause et de repos, mais cette aventure nécessite d’être en bonne condition physique et de pouvoir marcher plusieurs heures dans un environnement désertique.

Le désert sera notre terrain d’expérience.

Nous apprendrons à avancer autrement, à ralentir, à écouter notre corps, à faire avec moins et à nous adapter à ce qui se présente.

Les journées ne seront pas figées à l’avance. Les rencontres, les temps de partage et les propositions qui accompagneront notre chemin se dessineront au fur et à mesure, en fonction du lieu, du groupe, des nomades et de ce que le désert nous offrira.

Après plusieurs jours dans le dépouillement du désert, nous découvrons un autre visage du Sud marocain : celui d’une oasis vivante, habitée, cultivée et profondément liée à ceux qui y vivent.

Skoura est une oasis singulière.

Ici, l’humain et le vivant ne semblent pas séparés. Les palmiers, les jardins, les cultures, les maisons en terre et la vie des habitants s’entrelacent dans un même équilibre. Là où, ailleurs, l’oasis peut sembler être un espace de nature au milieu duquel l’homme s’installe, à Skoura, l’humain fait partie de l’oasis et l’oasis fait partie de l’humain.
C’est cette unité qui fait toute son exception.

Nous prendrons le temps de la découvrir, de marcher dans ses palmeraies, d’en ressentir les rythmes, les odeurs, les couleurs et les subtilités. Une autre manière d’entrer en relation avec le vivant : non plus face à lui, mais avec lui.

C’est au cœur de cette oasis que nous serons accueillis par Brahim et Souleiman, dans leur riad ancestral, The Heritage House.
Une maison chargée d’histoire, où les murs semblent garder la mémoire des générations qui les ont précédés. Ici, l’histoire familiale n’est pas exposée comme un souvenir : elle se vit encore aujourd’hui.
Car dans ce lieu, ce n’est pas seulement Brahim et Souleiman qui nous accueillent.

C’est toute une famille.

Chacun participe à la vie du riad, chacun contribue à faire vivre ce lieu et à transmettre ce qui lui a été confié. L’accueil devient alors bien plus qu’une hospitalité : il devient une rencontre avec une manière d’habiter, de transmettre et de prendre soin.

Après le silence et l’immensité du désert, Skoura nous invite à retrouver le lien.

Le lien à la terre.
Le lien aux autres.
Le lien à ce qui nous précède.
Le lien à ce qui continue après nous.

Peut-être est-ce aussi cela, devenir Gardien : comprendre que garder ne signifie pas posséder ni contrôler, mais prendre soin de ce qui nous est confié.

Une oasis, une maison, une histoire, un vivant.

À Skoura, nous découvrons peut-être une autre façon d’être au monde : celle où l’on ne se place plus au-dessus du vivant, ni à côté de lui, mais au cœur de la relation.

Et c’est peut-être là que le désert, après nous avoir appris le dépouillement et le silence, commence à nous montrer une autre chose essentielle :

nous ne sommes pas séparés.

En fin de journée, nous reprendrons la route vers Marrakech, pour environ quatre heures de trajet.
Nous retrouverons alors le mouvement et le bruit de la ville.
Mais cette fois, avec peut-être en nous une autre manière de les écouter.
Marrakech nous invitera à mettre cette présence à l’épreuve du monde.

Dernier matin à Marrakech. Après le petit-déjeuner, un taxi nous conduira jusqu’à l’aéroport pour prendre notre vol retour vers la France. Les taxis s’adapteront aux horaires de vol de chacun.e.